mardi 13 janvier 2026

Ultra Gauche et Théocratie : une structure de pensée commune

 Gauche occidentale et mollahcratie : une convergence de structure morale ?

À première vue, tout oppose une partie de la gauche occidentale et la théocratie iranienne : l’une se réclame des droits humains, l’autre d’un ordre religieux autoritaire. Pourtant, un point commun plus profond mérite d’être interrogé : la primauté du dogme moral sur le réel.

En Occident, une fraction de la gauche a progressivement déplacé le centre de gravité de son projet politique. Là où elle s’attachait autrefois à transformer matériellement la société (conditions de travail, rapports de production, souveraineté populaire), elle privilégie désormais une mise en scène permanente de la vertu morale. La politique devient d’abord un langage, un rituel de pureté idéologique, où le mal est désigné avant d’être compris.

Ce glissement explique en partie l’aveuglement — ou la minimisation — face aux exactions de la mollahcratie iranienne. Le régime iranien est perçu avant tout comme un anti-Occident, et donc, par réflexe, comme un moindre mal. La réalité vécue par les femmes iraniennes, les opposants politiques ou les minorités passe au second plan face à la cohérence symbolique du récit.

Or c’est précisément ainsi que fonctionne la théocratie iranienne elle-même. L’État n’y est pas conçu comme un outil au service des individus, mais comme l’incarnation d’une vérité morale transcendante. Peu importe les conséquences concrètes : la conformité au dogme suffit à justifier la contrainte, la violence ou le mensonge.

Dans les deux cas, la politique cesse d’être un art du réel pour devenir une liturgie. L’efficacité, le bien-être concret, la liberté vécue sont subordonnés à la fidélité à une morale proclamée. Celui qui s’y oppose n’est plus un adversaire politique, mais un impur, un hérétique ou un complice du mal.

La différence reste évidemment majeure : la gauche occidentale ne dispose pas d’un appareil coercitif théocratique. Mais la logique mentale, elle, est comparable : substituer la vertu affichée à la responsabilité des effets réels.

Ainsi, le point de contact n’est pas idéologique, mais structurel : quand la morale devient une fin en soi, elle engendre les mêmes aveuglements, qu’elle soit séculière ou religieuse.

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