vendredi 24 juillet 2026

 “On n'abdique pas l'honneur d'être une cible.”

Rostand

lundi 20 juillet 2026

 « Les mots des salauds arment les bras des imbéciles»

"Théories de théories"  de Charles Dantzig 

mercredi 15 juillet 2026

Le tyran


Il gouverne non pour le bien commun mais pour son intérêt propre. Il préfère les fidèles aux hommes capables, se méfie des esprits indépendants, essaye d'affaiblir tout ce qui limite son pouvoir.

Le tyran était un archétype de l'antiquité .

Trump est il un tyran?

mardi 14 juillet 2026

Schadenfreude

 « joie malsaine » ou la « joie maligne » que l'on éprouve en observant le malheur d'autrui.


https://fr.wiktionary.org/wiki/Schaden

https://fr.wiktionary.org/wiki/Freude


mardi 7 juillet 2026

"L'étrange défaite" de Marc Bloch

 "Nos chefs ou ceux qui agissaient en leur nom n’ont pas su penser cette guerre. En d’autres termes, le triomphe des Allemands fut, essentiellement, une victoire intellectuelle et c’est peut-être là ce qu’il y a eu en lui de plus grave. "

"Ils [Les Allemands] croyaient à l’action et à l’imprévu. Nous avions donné notre foi à l’immobilité et au déjà fait."

"Longtemps, il n’y avait pas eu, dans l’armée, de grade supérieur à celui de général de division. Une lettre de service, octroyée au gré du gouvernement ou du G. Q. G., suffisait à fixer les attributions des officiers généraux de ce rang : elle pouvait les habiliter aussi bien au commandement d’une armée, voire de toutes les armées, qu’à celui d’un corps d’armée ou, tout bonnement, d’une division.Car là où les grades diffèrent, la discipline veut, irrévocablement, que le plus élevé entraîne l’exercice du droit au commandement. Impossible, dorénavant, à un jeune divisionnaire de prendre, par exemple, une armée, s’il n’a été, d’abord, pour le moins, promu, en forme, général de corps d’armée."

Le commandement militaire et politique est trop attaché au passé : culte de l’âge, du prestige ancien et d’une “expérience” devenue inadaptée au présent.

Les voix plus jeunes et plus audacieuses ont été étouffées, la guerre a été conduite par des chefs vieillis intellectuellement, enfermés dans des schémas dépassés.

Face à la nouveauté du conflit, ces dirigeants n’ont pas seulement été battus : ils ont accepté la défaite, par manque d’élan, de confiance et de capacité d’adaptation.

Leur plus grave faute est morale : au fond, ils avaient déjà perdu foi dans le pays et dans le peuple qu’ils devaient défendre.

"L’absurdité de notre propagande officielle, son irritant et grossier optimisme, sa timidité et, par-dessus tout, l’impuissance de nos gouvernants à définir honnêtement leurs buts de guerre, ont bien pu, pendant de trop longs mois d’inaction, obscurcir un peu ces premières et vives clartés."

"Et puis, il y avait aussi l’idéologie internationaliste et pacifiste.[] N’apercevaient-ils donc pas, autour d’eux, tout prêts à s’en saisir et presque à la souhaiter, les futurs profiteurs de notre défaite ? [] ils omettaient de distinguer entre la guerre qu’on décide volontairement de faire et celle qui vous est imposée, entre le meurtre et la légitime défense. "

"[] la presse dite de pure information  [] servaient, en fait, des intérêts cachés, souvent sordides, et parfois, dans leur source, étrangers à notre pays."

"L’hitlérisme refuse à ses foules tout accès au vrai. Il remplace la persuasion par la suggestion émotive."




vendredi 26 juin 2026

Ecolos ?

 Les écologistes français ne veulent pas de l'énergie nucléaire, refusent les mégabassines qui alimentent l'irrigation agricole, s'opposent à la climatisation et combattent les plantes NGT, pourtant conçues pour consommer moins d'eau. Ils sont contre le Tunnel ferroviaire du Lyon-Turin qui va éviter des milliers de camions.

 EELV est il une secte millénariste anxiogène et culpabilisante ou un mouvement écologiste politique pragmatique proposant des solutions à court et moyen terme ?


dimanche 14 juin 2026

L’innovation naît du désordre, pas du plan

 On croit que l'innovation se planifie. Elle ne se planifie pas. Personne ne sait à l'avance quels usages vont compter, quels modèles vont fonctionner, ni quels acteurs vont émerger. C'est la définition de l'incertitude : l'information nécessaire pour décider n'existe pas encore. Elle apparaît au fil des essais menés par un grand nombre d'acteurs indépendants.

D'où plusieurs problèmes. On ne peut pas planifier l'investissement privé : les entreprises décident selon leur propre jugement, et annoncer qu'on planifiera leur investissement, c'est soit prévoir de les contraindre, soit prendre une intention pour un résultat. On ne peut pas davantage piloter l'intégration de l'IA dans l'économie, car aucune administration ne sait mieux que des millions d'utilisateurs comment l'IA doit entrer dans leur travail.

Un mot mérite qu'on s'y arrête : "piloter l'intégration dans la vie sociale". Cela revient à vouloir décider, depuis l'État, de la manière dont une technologie entre dans la vie quotidienne des gens. C'est une volonté de contrôle social. Or l'adoption d'un outil résulte de millions de choix individuels que personne n'a le droit ni la capacité de diriger à leur place.

L'approche de technocratique, la France l'a déjà essayé. Elle ne cesse de l'essayer. Le Plan Calcul devait créer une informatique souveraine par la planification : il a échoué. Quaero, lancé pour concurrencer Google, a échoué aussi. Le cloud souverain... La domination américaine, elle, n'a été planifiée par personne : elle est venue d'un écosystème décentralisé d'universités, de start-up et de capital-risque.

Un problème industriel est donc transformé en question de survie nationale pour justifier le contrôle de l'État là où il faudrait laisser agir l'initiative. 

C'est un réflexe constant, croire que ce qu'on ne sait pas prévoir, on peut quand même le diriger d'en haut, y compris dans la vie des gens. En matière d'innovation, c'est presque toujours l'inverse qui se produit.

(D'après) Philippe Silberzahn

samedi 13 juin 2026

L'ère de l'IA : démocratisation des usages, concentration de la puissance et conséquences géopolitiques

 L’IA de pointe ne sera sans doute pas accessible à tous, mais réservée à quelques acteurs, surtout américains.

Cette rareté viendrait de trois causes : les risques de sécurité, le coût énorme de calcul, et le contrôle croissant du gouvernement américain.

Résultat : une nouvelle fracture mondiale pourrait apparaître entre ceux qui ont accès aux meilleures IA et les autres.

Par le passé, lorsque les fruits des révolutions industrielles ont été répartis de manière inégale, les changements qui en ont résulté en termes de richesse relative, de sécurité et de puissance ont provoqué des migrations massives, ravivé des conflits latents et déstabilisé des démocraties.  

Par contre les usages courants de l'IA  vont sans plus aucun doute aujourd'hui se démultiplier et se démocratiser.


mardi 9 juin 2026

Machiavel

 « Il n'y a pas d'opinion plus fausse que celle qui veut que l'argent soit le nerf de la guerre... Cette maxime est répétée tous les jours, et les Princes qui s'y fient plus qu'ils ne désireraient le faire, reglent leur conduite d'après ce préjugé. Il les aveugle au point de leur faire croire que de grands trésors suffisent pour les défendre. Ils ne voient pas que s'il en était ainsi, Darius eût vaincu Alexandre ; les Grecs eussent triomphé des Romains ; de nos jours, Charles le Téméraire eût battu les Suisses... Tous ceux que nous avons désignés ci-dessus ont été vaincus par ceux qui ont pensé que ce n'est pas l'argent qui est le nerf de la guerre, mais de bonnes troupes... Je m'élèverai donc contre le cri général. Ce n'est pas l'or, ce sont les bons soldats qui sont le nerf de la guerre. L'or ne fait pas trouver de bonnes troupes, mais les bonnes troupes font trouver l'or. »

 La fiction a remplacé les religions et les croyances.
Les fictions plutôt que la fiction, experience imaginaire qui remplace la vie religieuse.

lundi 8 juin 2026

 Nous sommes (revenu) dans un monde ou la guerre d'agression est la règle! La guerre pour la guerre (et non plus pour des ressources, des accès aux mer, des idéologies , des colonies, des identités.)

dimanche 7 juin 2026

La guerre est la logique de l’extrême

« Nous répétons donc notre proposition : la guerre est un acte violent dans lequel l’emploi de la force étant illimité, chacun des deux adversaires impose à l’autre la loi ; d’où résulte une influence réciproque qui, de part et d’autre, doit conduire à l’extrême. » (fr.wikisource.org)

« Ainsi, en se maintenant rigoureusement dans les limites abstraites de la notion de la guerre, l’esprit ne trouve de repos que lorsqu’il en arrive aux extrêmes, par la raison que, conflit de forces abandonnées à elles-mêmes et qui ne suivent d’autres lois que celles de leur nature, la guerre n’est elle-même qu’un extrême. » (fr.wikisource.org)

Clausewitz

Formuler autrement:

 Dès que vous avez créé la guerre, elle devient un sujet et non pas un objet: elle a sa vie propre qui vous conduit, pour de nombreuses raisons, là où vous n'aviez pas prévu d'aller. Toute guerre est marquée par une dérive de ses buts et, le plus souvent, une escalade des moyens.


jeudi 4 juin 2026

Ignorance et supériorité morale

 “It is usually futile to try to talk facts and analysis to people who are enjoying a sense of moral superiority in their ignorance.”


« Il est généralement vain d’essayer de parler de faits et d’analyse à des gens qui prennent plaisir à un sentiment de supériorité morale fondé sur leur ignorance. »

— Thomas Sowell

Les causes profondes des défaites

 Les États perdent les guerres sur le champ de bataille beaucoup moins souvent qu’ils ne les perdent dans les instituts, les laboratoires et la production dix ans avant leur début.


Quand un pays sous-finance pendant des années l’éducation en ingénierie, réduit la recherche, perd ses compétences de production ou s’habitue à dépendre des technologies étrangères, il accumule progressivement un déficit stratégique. Celui-ci ne devient visible qu’au début de la guerre.


Cependant, nous devons sortir du trou mortel, tirer les bonnes leçons de nos erreurs passées et avancer, ainsi que prendre l’initiative en main sans attendre un changement des politiques ou du financement de l’État. Ces jours-ci, nous avons réalisé un test extrêmement important : un vol manœuvré entièrement contrôlé de la fusée FP-7.X, qui servira de base au futur intercepteur anti-balistique FREYJA. Peu importe à quel point cet objectif semble irréaliste et ambitieux aujourd’hui, nous déployons tous les efforts possibles et impossibles pour qu’il devienne réalité le plus rapidement possible et que l’Ukraine puisse fermer son ciel par ses propres moyens.


Chaque test réussi d’une nouvelle fusée est un pas vers notre souveraineté technologique. Car notre véritable indépendance se mesure, entre autres, à notre capacité à créer des technologies critiques par nos propres forces. À notre capacité à prendre des décisions stratégiques sans dépendre des cycles politiques, des productions ou des priorités étrangères.


De @iraterekh sur twitter

vendredi 22 mai 2026

Pourquoi les métropoles restent attractives malgré le désir de villes moyennes

 Les jeunes actifs disent préférer les villes moyennes ou petites, mais continuent à s’installer dans les grandes métropoles.


Son explication est que les grandes villes offrent une forme d’assurance contre la perte d’emploi ou la nécessité d’en changer.

Comme les carrières sont aujourd’hui beaucoup moins linéaires qu’avant, il devient essentiel de vivre dans un grand bassin d’emploi pour pouvoir retrouver rapidement un poste sans être obligé de déménager.


Cette logique est encore plus forte pour les couples à deux carrières, en particulier quand les deux emplois sont qualifiés ou spécialisés : il faut alors que le territoire soit capable d’offrir non pas une opportunité, mais deux marchés du travail suffisamment riches.


Même si beaucoup de jeunes déclarent préférer la qualité de vie des villes moyennes, leurs choix réels privilégient cette assurance économique offerte par les métropoles :


plus d’employeurs,

plus d’opportunités,

de meilleurs appariements entre compétences et postes,

moins de risque de devoir partir ailleurs en cas d’aléa professionnel.

David Miet s’appuie sur la littérature économique sur les “thick labor markets” : plus le marché du travail local est “épais”, plus il protège les actifs contre les ruptures de trajectoire professionnelle.


Conclusion

Les grandes villes attirent moins seulement pour leur image ou leurs services que parce qu’elles fonctionnent comme une assurance territoriale face au risque professionnel, particulièrement précieuse dans un monde où l’on change souvent d’emploi, et plus encore pour les couples à deux carrières.

Ce qui a conduit à la desertification des ville moyennes, c'est la difficulté à changer d'emploi: Aujourd'hui, les entrants sur le marché de l'emploi s'attendent à changer d'emploi plus de 10 fois dans leur vie. Sur un bassin d'emploi secondaire, c'est plus difficile que dans les mégapoles.

https://x.com/MietDavid/status/2057475357779886545

samedi 21 mars 2026

 « si les êtres humains sont des machines à imiter, alors celui qui contrôle les algorithmes qui suggèrent qui ou quoi imiter contrôle la société », Paolo Benanti .

jeudi 26 février 2026

La France est responsable de la crise de 1929 (et pas Wall Street).

Voici une explication détaillée du mécanisme par lequel la politique de la Banque de France a contribué à aggraver la Grande Dépression, selon les travaux de Douglas A. Irwin (2010) et d'autres économistes :

1. Accumulation massive d'or par la France

À partir de 1928, la France, revenue à l'étalon-or, a accumulé d'énormes réserves d'or, passant de 7 % à près de 30 % des réserves mondiales en quelques années. Cette accumulation était en partie due à la confiance retrouvée dans le franc après sa stabilisation (le "franc Poincaré"), mais aussi à une politique monétaire restrictive. Contrairement à d'autres pays, la Banque de France a stérilisé une grande partie de cet afflux d'or, c'est-à-dire qu'elle ne l'a pas converti en monnaie en circulation. Normalement, un afflux d'or aurait dû entraîner une augmentation de la masse monétaire, stimulant ainsi l'activité économique. Mais en stérilisant l'or, la Banque de France a empêché cette expansion monétaire, maintenant ainsi une pression déflationniste sur l'économie française et internationaleideas.repec.org.

2. Pression déflationniste sur le reste du monde

L'étalon-or fonctionnait comme un système à somme nulle : si un pays accumulait de l'or, les autres en perdaient. En 1929-1932, la France et les États-Unis détenaient ensemble près de 60 % des réserves d'or mondiales. La stérilisation française a réduit la quantité d'or disponible pour les autres pays, forçant leurs banques centrales à réduire leur propre masse monétaire pour maintenir la convertibilité de leur monnaie en or. Cela a provoqué une contraction monétaire mondiale, une baisse des prix (déflation) et une réduction de la demande globale, aggravant la récession dans les pays déjà touchés par le krach de 1929cairn.info+1.

3. Effet multiplicateur de la déflation

La déflation a rendu le remboursement des dettes plus difficile (car les dettes sont fixes en valeur nominale, mais les revenus et les prix baissent), ce qui a accru les faillites d'entreprises et de banques. Les pays en difficulté ont été contraints d'augmenter leurs taux d'intérêt pour défendre leur monnaie, ce qui a encore étouffé l'activité économique. La France, en maintenant une politique monétaire restrictive, a donc amplifié la spirale déflationniste et la crise bancaire dans le monde, notamment en Europe centrale et en Allemagnecairn.info.

4. Rôle clé en 1931-1932

Alors que les États-Unis ont commencé à assouplir leur politique monétaire après 1931, la France a persisté dans sa stratégie, exacerbant la crise. Les études montrent que la France a été plus responsable que les États-Unis de la déflation mondiale pendant cette période, car sa part dans la réduction de la liquidité internationale était disproportionnée par rapport à sa taille économiqueideas.repec.org.

5. Conséquences sur le commerce international

La déflation a aussi réduit les prix des matières premières, frappant durement les pays exportateurs (comme l'Amérique latine ou les dominions britanniques), et a contribué à l'effondrement du commerce mondial, qui a chuté de plus de 60 % entre 1929 et 1933. La rigidité de la politique française a donc joué un rôle central dans la transformation d'une crise financière en une dépression économique mondiale prolongée.

En résumé, la France n'a pas "causé" la Grande Dépression à elle seule, mais sa politique de stérilisation de l'or et son refus d'ajuster sa masse monétaire ont amplifié et prolongé la crise, en privant le système international de liquidités et en accélérant la déflation. Cette thèse remet en cause l'idée que la crise était uniquement le résultat de l'effondrement de Wall Street ou des erreurs de la Réserve fédérale américaine.

De 1929 à 1932, la droite était au pouvoir (Laval) et n'a rien compris. Elle a été initiée par Poincarré qui voulait  un Franc fort.

Sources 

"Did France Cause the Great Depression?" 2010 par Douglas A. Irwin au National Bureau of Economic Research (NBER)

https://www.nber.org/papers/w16350

Keynes

Keynes l'avait dit très tot:

Les principales études de John Maynard Keynes sur les questions monétaires et économiques liées à la Grande Dépression et à l'étalon-or ont été publiées à plusieurs dates clés, notamment :

1. "A Tract on Monetary Reform" (1923)

Keynes y développe ses idées sur la stabilité monétaire et critique le retour à l'étalon-or classique, qu'il juge trop rigide et déflationniste.

2. "A Treatise on Money" (1930)

Dans cet ouvrage en deux volumes, Keynes analyse le rôle de la monnaie, des taux d'intérêt et des politiques monétaires dans les cycles économiques. Il y critique notamment la gestion de l'étalon-or et la déflation, des thèmes centraux pour comprendre la Grande Dépression.

3. "The General Theory of Employment, Interest and Money" (1936)

C'est son œuvre majeure, publiée en 1936, où il développe sa théorie de la demande effective, de l'intervention de l'État et des politiques de relance pour lutter contre le chômage et les crises économiques. Ce livre a révolutionné la pensée économique et fondé ce qu'on appelle aujourd'hui la "révolution keynésienne".

samedi 21 février 2026

Ukraine: Géopolitique éternelle

 Le Bolchevisme ne durera pas éternellement en Russie. Un jour viendra où l’ordre s’y rétablira et où la Russie, reconstituant ses forces, regardera autour d’elle. Ce jour-là, elle se verra telle que la paix va la laisser, c’est à dire privée de l’Estonie, de la Finlande, de la Pologne, de la Lituanie, peut-être de l’Ukraine. S’en contentera-t-elle ? Nous n’en croyons rien. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on reverra la Russie reprendre sa marche vers l’Ouest et le Sud-Ouest. De quel côté la Russie recherchera-t-elle un concours pour reprendre l’œuvre de Pierre le Grand, Catherine II ? Ne le disons pas trop haut, mais sachons-le et pensons-y : c’est du côté de l’Allemagne que fatalement elle tournera ses espérances. Voilà, Messieurs, pourquoi la France prête à la Pologne et à la Roumanie un si large concours militaire (.) Chacun de nos efforts en Pologne, Messieurs, c’est un peu plus de gloire pour la France éternelle. 


Charles de Gaulle, 1919

lundi 26 janvier 2026

Des colères saines (saintes ?)

 Les Évangiles montrent un Jésus rarement emporté par la colère. Sa parole est le plus souvent patiente, miséricordieuse, tournée vers les pécheurs ordinaires, les exclus, les faibles. Il pardonne, relève, accueille. Mais lorsqu’il se met en colère, cette colère n’est ni émotionnelle ni impulsive : elle est ciblée, assumée et moralement fondée.

Cette colère vise presque exclusivement la tartufferie au sens le plus strict : afficher une vertu morale ou religieuse de façade pour mieux tromper, manipuler ou servir ses intérêts, instrumentaliser  cette morale affichée dans son rapport aux autres. (et non pas simplement l'hypocrisie morale)

Dans Matthieu 23, Jésus réserve ses paroles les plus dures non aux pécheurs, mais aux scribes et aux pharisiens, figures d’une morale de façade qui se donne en spectacle tout en écrasant les autres.  Le reproche n’est pas l’exigence morale, mais son instrumentalisation : une morale devenue outil de domination, de distinction sociale et d’autojustification.

Le même mécanisme apparaît dans la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18). Le pharisien n’est pas condamné pour ses pratiques morales, mais pour l’usage qu’il en fait : se poser en juste et mépriser autrui. À l’inverse, le publicain, sans vertu affichée, est justifié par son humilité. Là encore, Jésus attaque moins la faute que le mensonge sur soi.

Même l’épisode spectaculaire de la purification du Temple confirme cette logique. Jésus ne s’emporte pas contre des pratiques ordinaires, mais contre la profanation du sens et l’hypocrisie d’un système moral qui prétend honorer Dieu tout en exploitant les faibles. Sa colère vise une incohérence devenue structurelle.

Ainsi, la colère de Jésus n’est jamais dirigée contre la faiblesse humaine, mais contre la duplicité morale. Elle ne frappe pas ceux qui tombent, mais ceux qui se donnent en modèle tout en trahissant ce qu’ils prétendent incarner. En ce sens, sa colère est rare, mais radicale : elle surgit lorsque la morale devient masque plutôt que chemin.